Mustapha Azeroual: "Ce qui rend les choses visibles, n'est pas visible"

 
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Né en 1979 à Tours, Mustapha Azeroual est photographe d’origine franco-marocaine. Il vit et travaille entre Paris et Casablanca.

Son travail se fonde sur l’observation et l’expérimentation, confrontant les techniques historiques de prise de vue et de tirages aux enjeux contemporains de la photographie. Interrogeant les outils, les processus d’apparition et les supports, l’artiste privilégie avant tout le point de vue du spectateur:

 

"Pour qui veut essayer de cerner la démarche analytique de Mustapha Azeroual, on conseillera de commencer par fermer les yeux puis de se départir d’une conception réaliste de la photographie. Le flux incessant d’images instantanées dont on a la présomption de penser qu’elles constituent une reproduction fidèle du monde qui nous entoure constitue sans doute notre plus dangereux ennemi. Les spectateurs voraces et aveuglés que nous sommes devenus ne s’interrogent plus sur les conditions rendant possibles le développement d’une image photographique. A l’inverse, ce n’est pas la capacité de reproduction de la photo qui intéresse l’artiste mais bien plutôt « sa capacité de dévoilement ».*

 

Finaliste du Prix de la photo Camera Clara 2017, l'artiste expose actuellement un tirage grand format de sa série "Ellios 2" à la Galerie Folia.

ELLIOS (désignant aussi en grec ancien le dieu du soleil) est une étude photographique du soleil comme source première de lumière et de ses phénomènes d’altération menée depuis 2013 en partenariat avec LESIA (pôle d’observation du soleil de l’Observatoire de Paris-Meudon). Cette réflexion part du présupposé que ce qui rend les choses visibles (la lumière, par essence, le soleil) n’est pas visible.

La série ELLIOS#2 est issue de ces recherches.

 
 
 
 

" Pour ce travail, je me suis replacé dans les conditions des premières missions photographiques en marchant cinq jours autour d’une même montagne, dans le haut Atlas marocain, accompagné d’un guide et d’un mulet transportant la chambre photographique. En choisissant d’explorer ces paysages accessibles uniquement à pied, il s’agissait, pour moi, de tenter de me rapprocher de la temporalité du soleil.

À travers cette série, je souhaite questionner une utilisation paradoxale de la photographie souvent employée afin de retranscrire ce que l’on a vu, alors que la photographie induit intrinsèquement un changement de dimension (de la 3D à la 2D).

Ainsi, de cette exploration, j’ai décidé de rapporter des captations de lumière plus que de simples vues de paysages, retranscrivant ainsi une véritable expérience du visible.

J’ai décidé d’interrompre le processus photographique en montrant l’image qui n’est pas visible, l’impact de lumière. C’est par ce choix de montrer l’image négative que je donne à voir la lumière, comme empreinte primitive du paysage.

Le travail à la chambre m’a permis, par l’utilisation de bascules, de retirer toute profondeur au paysage. Les images qui en résultent, issues de la matérialisation de la lumière par la cristallisation des halogénures d’argent à la surface du film photographique, dévoilent les fragments d’une roche originelle et universelle. »

Mustapha Azeroual


 ELLIOS#2 de Mustapha Azeroual, sera à la galerie Folia jusqu'au 17 mars 2017


Le site info Maroc Mustapha Azeroual: « le malentendu est à la source de l’art », mars 2017

 
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