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Gisèle Nedjar “Intimacy and Elsewhere” .. Gisèle Nedjar « L’intime et l’ailleurs »


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“Intimacy and Elsewhere”

Photographic Variations on the Theme of
Body and Soul

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« L’intime et l’ailleurs » 

Variations photographiques autour de l’âme et du corps

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Portraits © Gisèle Nedjar
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Gisèle Nedjar’s photographs offer multiple reflection about the body and its relationship to the world of the senses. The work is divided into three series, two of which are represented here; it addresses the question of individuals and their intimacy, the mind’s difficulty in inhabiting the flesh, and the way we are torn between a desire for incarnation and a yearning for the void.

Portraits

In the series Portraits, the camera’s shutter, which is set for a three-second exposure, captures and reveals an impossible reality, one that can not be seen with bare eyes: faces with eyes that are both open and closed, in which sleep and wakefulness co-exist in strange harmony. By stopping time and movement, the photograph expresses a state and its opposite at one and the same time, and is both reality and illusion, precision and poetry. As in Antonioni’s Blow-Up – in which a photograph, while going out of focus due to repeated enlargements, eventually reveals both chaos and a crime that had escaped the attention of the photographer – here photographic images become a place of elusive truth.

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Les photographies de Gisèle Nedjar offrent une réflexion multiple sur le corps et son rapport au monde sensible. Ce travail se décline en trois séries, dont deux sont représentées ici, et interroge la question de l’être et de son intimité, la difficulté pour l’esprit d’habiter la chair, le tiraillement entre le désir d’incarnation et l’aspiration au néant.

Portraits

Dans la série des Portraits, l’obturateur de l’appareil photo, réglé sur un temps de pose de trois secondes, capture et révèle une réalité impossible, invisible à l’œil nu : des visages aux yeux à la fois ouverts et fermés, où le sommeil et la veille cohabitent dans une troublante harmonie. La photographie, en arrêtant le temps et le mouvement, exprime simultanément une chose et son contraire, elle est à la fois le réel et l’illusoire, l’exactitude et la rêverie poétique. Comme dans le film Blow-up d’Antonioni où une photographie dévoile, au fil des agrandissements, un crime qui avait échappé au photographe, puis le flou, le chaos, l’image est ici le lieu de l’insaisissable vérité.

Portraits © Gisèle Nedjar
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For in these portraits in which the gaze is doubled, and both facets of the same soul overlap, we are unable to separate the sleeper from the person who is awake, reality from appearances, what springs from intimacy and what from elsewhere. Every blink of the eyelid expresses a thought moving towards the “distant interior,” in the words of Michaux, that place inside ourselves where the other that sooner or later we will have to start a conversation with appears.  

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En effet, dans ces portraits où le regard se dédouble, où les deux versants de la même âme se superposent, nous ne pourrons jamais dissocier le dormeur de l’éveillé, le réel et les apparences, ce qui relève de l’intime et de l’ailleurs. Chaque battement de paupière traduit un mouvement de la pensée vers le « lointain intérieur » selon la formule de Michaux, ce lieu en nous-mêmes où affleure cet « autre » avec lequel il nous faut, tôt ou tard, entrer en conversation.

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Leaving Your Body

The Quitter son corps (Leaving Your Body) series, printed on glass, plays with movement and the multiplication of a single being in order to explore the idea of the body as the origin of everything, a receptacle for the soul, where our desires, thoughts and vital needs are born and die. United or shattered, it expresses our strength and our fragility. It is the alpha spot, creator of life, as well as a place of finiteness, of perishable flesh.

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Quitter son corps

La série Quitter son corps, tirée sur vitre, joue sur le mouvement et la démultiplication d’un même être pour explorer l’idée du corps comme origine de tout, réceptacle de l’âme où naissent et meurent nos désirs, nos pensées, nos besoins vitaux. Il est uni ou morcelé, il est l’expression de nos forces, de nos fragilités, il est le point alpha, créateur de vie, mais aussi le lieu de la finitude, de la chair périssable.

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A body in support of, osmosis with and revolt against its own materiality. An animal body that is an organic substance, connected to solid, liquid and gaseous elements. A perishable, material body, bathed in light, facing its own disappearance and burial. A shattered body, but also a body of vitality, a fertile body. A body confronted with its own fragility and power. A transformed, magnified, metamorphosed body, a cosmic body.
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Un corps en appui, en osmose, en révolte avec sa propre matérialité. Un corps substance organique, animal, lié aux éléments solides, liquides, gazeux. Un corps matière périssable, baigné de lumière, face à sa disparition, à son enfouissement. Un corps morcelé, mais aussi un corps-vitalité, un corps fécond. Un corps confronté à sa fragilité comme à sa puissance. Un corps transformé, magnifié, métamorphosé, un corps cosmique.
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— Gisèle Nedjar

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Gisèle Nedjar’s work, shown here for the first time, is the fruit of a unique approach that goes back to the very essence of film photography, without any post-production digital editing, effects or retouching whatsoever.

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Le travail de Gisèle Nedjar, exposé pour la première fois, est le fruit d’une démarche inédite qui revient à l’essence même de la photographique argentique, sans aucun effet de montage numérique ou de retouche en post-production.

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« L’intime et l’ailleurs »
Une exposition de Gisèle Nedjar
du 27 septembre au 28 octobre 2017 

Vernissage : 
Mardi 26 Septembre à partir de 18h30

Rencontre avec l'artiste et reconstitution d'un studio avec possibilité de faire réaliser son portrait
14 Octobre de 16h à 19h


Gisèle Nedjar, photographe plasticienne d’origine séfarade, est née en 1960. Elle pratique la photographie depuis 1990.

La question de l’être et de son intimité est au cœur de son travail. Elle y aborde, via différentes approches photographiques la nécessité d’exister dans sa chair, la difficulté d’habiter un corps. Elle vit et travaille à Paris à la Bibliothèque nationale de France.

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